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Une entraide extraordinaire

Réalisé par Maurice Cyr, Martin, Grimard et Geneviève Locas pour le texte et Bertrand Courville et Julie Desautels pour les illustrations. Ces personnes ont participé à la vie d'Au jardin de la famille de Fabreville (Québec), un organisme communautaire qui offre des ateliers en alphabétisation.

Karine, fleuriste dans un petit village et en même temps étudiante, apprend que son magasin ferme, comme bien d’autres dans la région. Maurice est un retraité généreux et dynamique qui a décidé de suivre des cours d’alphabétisation.

En lisant ou en se faisant lire cette histoire, on découvrira comment il va aider cette jeune fille à se prendre en main en entraînant également Taquin, un jeune peintre, dans une démarche de mise en valeur de la région qui attirera du monde et ainsi, permettra une revitalisation du village.

Depuis sa retraite, Maurice étudie en alphabétisation. Il est très vaillant mais, le matin, il éprouve de la difficulté à se rendre à son centre de formation. Il est très ordonné et aime prendre son temps pour réviser ses devoirs. L’apprentissage du français lui tient à cœur.

Karine, elle, est étudiante au cégep à Gargouille, une municipalité très éloignée de chez elle mais qui est reconnue pour l’excellence de ses écoles. Les collégiens y vivent en grand nombre. La jeune fille s’intéresse à l’horticulture. Les fleurs la passionnent. Cette jeune femme, dans la vingtaine, est très sévère pour elle-même. Ses résultats scolaires, quoique bons, la rendent insatisfaite. Elle est trop perfectionniste.

Taquin, suit des cours de dessin. Il est naturellement timide. Enfant, déjà, il était silencieux et subissait l’autorité paternelle. Heureusement que le dessin l’a toujours captivé! Il lui a permis de s’exprimer et de communiquer avec ses amis.

Aujourd’hui Taquin vit seul dans un modeste studio. Il parvient à sortir de sa coquille quand il aide les gens. Il n’hésite jamais à offrir son appui et ses compétences à de jeunes artistes.

Nos trois personnages vivent dans un endroit paisible, en campagne, nommé : La Belle Rivière Ensoleillée. Leurs ancêtres en sont les valeureux pionniers.

Maurice est un homme généreux. Il s’offre pour aider les gens de la petite communauté qui souffrent de pauvreté. Tantôt, il vient au secours d’un démuni, tantôt il réconforte un chômeur. Les paroissiens ont confiance en lui.

Un jour, son bénévolat l’amène à rencontrer Karine. Ils se côtoient depuis longtemps et ont de bons liens d’amitié. Notre amie, ce jour-là, a besoin d’un bon support pour voyager jusqu’au cégep. Son train n’arrive pas et La Belle Rivière Ensoleillée est trop éloignée de la ville Gargouille pour s’y rendre à bicyclette.

Le trajet l’épuise tous les matins. Ce parcours, répété et fort long, prend trop de son énergie. «Comme le train de banlieue tarde à arriver! Il ne passera sûrement pas aujourd’hui.» Se dit-elle.

Notre collégienne, déjà très en retard, fait donc appel à Maurice pour qu’il la voiture jusque là-bas. Karine déteste demander de l’aide. Son amour- propre est affecté mais elle n’a pas le choix.

Lorsqu’elle n’a pas de cours, elle travaille comme vendeuse au magasin général «Chatouille», non loin de chez elle. Elle aime beaucoup son travail mais elle est de plus en plus inquiète parce que les gens quittent progressivement ce village. Il y a de moins en moins de travail à La Belle Rivière Ensoleillée.

Par un samedi du mois d’avril, elle se rend, d’un pas routinier vers le magasin. Tout à coup, son cœur tremble : elle voit une grande affiche sur la devanture : «Vente de faillite».

Karine, bien sûr, s’y attendait un jour où l’autre. La clientèle diminuait de plus en plus à cause de la récession. Les petites entreprises fermaient à tour de rôle. Les habitants devenaient nerveux et inquiets pour leur avenir. «Trop c’est trop!» s’exclame la jeune femme. «Que vais-je faire? Sans argent je ne peux étudier… Et mes rêves! Tout s’envole! Adieu les fleurs!»

 

Désespérée, elle décide de se confier à Maurice. Elle l’appelle la journée même et ses mots se bousculent : « Ah Maurice ! Si tu savais… Tout me tombe sur la tête ! Mes études, mon loyer, tout dégringole et je me sens tomber. Aide-moi, il n’y a que toi à qui je peux dire ces mots! Maurice, très ému, écoute et lui répond : «Tout d’abord calme-toi. Respire par le nez et tente de réfléchir à tête reposée». Il ajoute : «J’ai, je crois, tout un projet d’avenir pour toi!»

Il rappelle à Karine que La Belle Rivière Ensoleillée regorge de fleurs, de plantes, et d’arbres décoratifs variés. «Cette nature est partout dans les sous-bois, dans les vallées boisées et dans notre grande forêt. Notre majestueuse rivière, elle, irrigue toute cette végétation. Ne pourrais-tu pas créer une vaste serre?»

Maurice, enfin, lui recommande fortement de prendre contact avec un dénommé Taquin. «Je le connais peu, mais je le vois souvent travailler avec son chevalet en pleine campagne. Les passants jettent un œil admiratif sur ses croquis et ses peintures. On a même parlé de son talent, dans «Fripouille», le journal de la région.» Karine écoute son ami attentivement et lui dit sur un ton perplexe : «Je ne sais que penser… En quoi un artiste peintre peut-il m’aider?»

 

Maurice lui répond avec un grand sourire: «Il peut t’aider en réalisant des dessins de fleurs et d’autres joyaux de la nature. Ses dessins pourront t’amener de la clientèle ! Son art attirera la curiosité et l’intérêt d’un large public et toi, tu leur vendras des fleurs, des fruits et des légumes et tu leur proposeras des circuits touristiques qu’ils pourront visiter après un bon repas que tu leur auras préparé. Je pourrai t’aider. À trois, nous ferons une bonne équipe.

 

Karine accueille bien les paroles de son aîné et accepte ce remarquable projet. Elle va donc à la rencontre de Taquin qui, généralement, peint au pied de la colline Fleurie, nommée ainsi pour ses fleurs magnifiques. Karine se présente à notre artiste. Rapidement, elle lui raconte ses mésaventures. Elle est enchantée de l’entretenir du projet de la grande serre et de sa participation pour attirer les touristes.

 

Taquin accepte avec joie de participer au projet, d’autant plus que les gens achètent moins de ses œuvres à cause de la pauvreté des gens du village. «C’est merveilleux, splendide de réaliser ce projet ambitieux avec vous, mademoiselle Karine! J’en suis ravi. Cette serre sera la huitième merveille du monde, grâce à sa beauté et à sa superficie!»

Tous deux cultivent rapidement un lien d’amitié. Ils ne tardent pas à passer à l’action. Ils laissent à Maurice le soin d’être le grand conseiller de cette réalisation baptisée : «La Serre Majestueuse.» Ils pensent à créer de grandes publicités sur des pancartes, pour attirer l’attention des premiers passants.

Maurice lui, s’occupe d’orchestrer une publicité plus détaillée, plus savante dans les journaux. Il demande au conseil municipal, dont il fait partie, de solliciter du financement auprès des dirigeants de la ville Gargouille. Taquin accompagne Maurice là-bas, car il veut s’impliquer plus largement. Il a beaucoup d’idées à communiquer et l’énergie qu’il met à ce projet lui fait perdre beaucoup de sa timidité.

À la mairie de la ville Gargouille, on accueille sans hésitation un projet aussi poétique que grandiose. On délie les cordons de la bourse et on met en branle toute une campagne publicitaire.

Bientôt tout le Québec est au fait de l’existence future de « La Serre Majestueuse » par l’entremise des journaux, de la radio, de la télévision et d’Internet.

En quelques mois, la serre est presque terminée. Déjà les touristes accourent. Ils sont séduits par la beauté de la région et adorent les spécialités culinaires que notre équipe leur prépare. Karine travaille fort mais elle a maintenant un but dans la vie. Taquin est arrivé à vendre toutes les peintures qu’il avait en réserve dans son grenier et son carnet de commande est déjà rempli pour plus de six mois. À présent, il peut passer toutes ses après-midi à peindre. Il est enfin heureux.

Maurice, lui, adore rendre service à ces jeunes qui en avaient bien besoin pour démarrer dans la vie. Grâce au support qu’il reçoit dans ses cours d’alphabétisation, il a commencé à écrire l’histoire de cette magnifique aventure. Les habitants n’ont jamais été aussi fiers de cette entreprise qui engendre toute une variété d’emplois. Ils voient, enfin, la lumière au bout du tunnel…


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