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05 - Zanké et le VIH-SIDA


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Ce texte malien  met en évidence l’importance de bien s’informer sur le VIH-SIDA pour se protéger, soi-même et ceux que nous aimons et empêcher la prolifération de cette maladie dévastatrice.

Réalisé dans le cadre d’activités de créations littéraires organisées par Association des Jeunes Maliens pour l’Épanouissement de la Langue Française dans l’Espace Francophone (AJMELFEF) par les élèves de l'école Franco-Arabe de Dar-salam (Bamako) encadré par les animateurs de l'AJMELFEF pour le texte et par Maude Bondu pour les illustrations, avec la participation de l’ACLJ.

Association pour la Création Littéraire chez les Jeunes
Projet «Les Jeunes s’approprient leur littérature»
projetjeunesse@hotmail.com

Il y a quelques années, dans le village des Wâ, vivait Doussou, une très belle jeune femme, fréquentait un jeune homme du nom de Zanké. Après quelques années de fréquentations et un grand mariage Doussou donna naissance à deux beaux enfants, Amadou et Hawa.

Un jour, avant que Doussou ne devienne enceinte, Zanké tomba malade. Il alla à l’hôpital Gabriel Touré de Bamako afin de recevoir les soins appropriés et aussi, pour faire quelques analyses. Le médecin traitant lui suggéra fortement de faire un test de dépistage du VIH- SIDA par la même occasion, par pure précaution et prévention. Le test de Zanké s’avéra heureusement négatif, ce qui le rendit très content. En effet, il croyait être à jamais immunisé contre cette maladie dont il avait entendu parler comme étant ravageuse.

Alors, Zanké se mit à fréquenter d’autres femmes que Doussou. Quelques années plus tard, après que le couple ait eu leurs deux enfants, Zanké dut, encore une fois, faire face à la maladie et se  rendit à l’hôpital pour se faire soigner. Le médecin, très prévoyant, lui demanda d’en profiter pour faire plusieurs analyses dont celle sur la maladie du SIDA, car lui disait-il « je ne voudrais pas vous donner un faux diagnostic et ainsi vous prescrire de mauvais médicaments ».

Le verdict tomba. Au cours de ses nombreuses aventures avec plusieurs femmes, Zanké avait contracté le SIDA. Ce dernier était maintenant complètement désorienté et ne savait ni quoi faire ni quoi penser. Que deviendrait-il ? Quand il rentra finalement à la maison, Zanké avait pour seule idée de cacher les résultats de son test afin que personne ne puisse être au courant de ce sordide verdict. À cette époque, Amadou et Hawa, ses enfants, étaient âgés de 2 et 3 ans.

Quelques semaines passèrent et une parente de Doussou, Fanta, vint les visiter et demeura plusieurs jours chez eux. Durant son séjour, alors qu’elle cherchait à ranger les vêtements fraîchement lavés de Zanké dans sa commode, elle y découvrit les résultats du test. Cette dernière s’empressa de répandre la nouvelle dans tout le village sans toutefois avoir le courage de le dire à Doussou. Ainsi, les amis et la parenté de Doussou et de Zanké furent tous mis au courant de cette histoire par Fanta qui disait à qui veut l’entendre que Zanké avait infecté les membres de sa famille, sa femme et ses enfants. En effet, sur le résultat du test, cette femme avait pu lire la date à laquelle Zanké estimait avoir été infecté et c’était bien avant la naissance de ses enfants.

Dès ce moment, Zanké et sa famille commencèrent à être marginalisés dans le village ; leurs amis ne leur parlaient plus, les voisins ne les visitaient plus, les enfants avaient maintenant peur d’eux et ils se sauvaient lorsqu’ils les voyaient. Doussou qui n’était toujours pas informée des bruits qui couraient à leur sujet, s’inquiéta auprès de Zanké  de ses relations qui n’étaient plus très bonnes avec les gens du village. Elle avait beau s’interroger sur la raison de ce changement d’attitude de la part des villageois, elle ne trouvait pas de réponse à ses questions.

Lorsqu’elle lui demanda si lui aussi avait remarqué un changement, Zanké se mit à lui dire qu’il avait honte. Il lui avoua ses infidélités et les résultats du test. Doussou se mit alors à pleurer car elle réalisait l’impact de cette histoire sur la famille. Elle et les enfants étaient-ils infectés ? Pendant des jours, Doussou ne pouvait arrêter d’avoir du chagrin. Elle songea alors à fuir le village pour aller habiter la ville ou simplement un autre coin du pays.

Fanta, la femme qui avait répandu la nouvelle, conseilla à Doussou d’aller à l’hôpital pour passer le test, afin de savoir si, elle aussi, était  infectée. Les deux femmes partirent pour l’hôpital où l’on apprit à Doussou qu’elle avait la maladie. Elle s’y attendait. Lorsqu’elle apprit à Fanta que son test s’était révélé positif, cette dernière ne voulait plus la toucher, ni se tenir près d’elle, ni même lui parler, ayant trop peur d’attraper la maladie.

C’est à ce moment que le docteur s’interposa pour mentionner à Fanta que le SIDA ne se transmettait pas en parlant, en mangeant ou en se promenant avec des personnes infectées, mais plutôt par des échanges sanguins ou lorsqu’il y avait une relation sexuelle non protégée avec une personne infectée.

Le docteur réalisa alors qu’il devait informer la population du village au sujet de cette maladie, de ses causes et des risques de transmission. Il promit alors aux deux femmes, d’envoyer quelques personnes, dès la semaine suivante, afin de faire de la sensibilisation auprès des villageois, sur le SIDA, la maladie dont était victime la famille de Zanké et de Doussou.

La semaine suivante, lors de la rencontre avec les conseillers de l’hôpital, les villageois comprirent que de manger, de parler, de visiter les gens victimes du SIDA, ne présentait aucun danger. Ils ont comprirent les risques réels d’un comportement non protégé et les conditions pour ne pas contracter la maladie.

Ainsi, à partir de ce moment les gens du village recommencèrent à fréquenter la famille de Doussou et de Zanké, en leur apportant soutien et réconfort dans cette dure épreuve.

Conclusion : En s’informant correctement sur la maladie qu’est le VIH-SIDA, nous pouvons éviter non seulement de la contracter, mais aussi d’avoir peur des personnes qui en sont infectées.


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